Absinthe

 

Artemisia [ancien nom grec et latin de ces plantes qui fait allusion à la déesse Artemis Lhytie à laquelle elles étaient dédiées pour leur propriétés gynécologiques] absinthium L . [ancien nom grec et latin d’origine inconnue]. Plante vivace de la famille des Composées, atteignant 60 cm de haut, elle se présente en grosses touffes, dans les lieux incultes. On la rencontre dans une grande partie de l’ Europe, en Afrique du Nord, en Asie et en Amérique du Nord. En France, elle était cultivée aux environs de Pontarlier (Jura) jusqu’aux décrets et lois de 1915 et 1922, qui proscrivent son emploi dans la préparation des vermouths, à cause des troubles psychiques et sensoriels qu’elle provoquait.

L’Absinthe est connue depuis longtemps : elle est citée dans les tablettes cunéiformes de Gilgamesh et dans les textes égyptiens. On la retrouve chez les Gaulois où elle est offerte aux Dieux.

Les sommités fleuries et les feuilles renferment une huile essentielle contenant des carbures terpéniques ( thuyone et leur alcool correspondant), des principes amers (l’absinthine, dimère dérivant de l’artabsine). Il y a peu de temps encore, l’Absinthe entrait dans la composition du vin diurétique de la Charité (Codex 1908).

En médecine populaire, elle est utilisée comme vermifuge, emménagogue, en usage interne (infusion, macération dans le vin ou la bière, poudre), comme vulnéraire en usage externe (décoction sur les plaies).

 


 

Au Moyen - Age, nombreux sont les chirurgiens qui emploient l’Absinthe, surtout comme vulnéraire : Roger de Parme, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac :

    "Absinthe chaude et sèche (...) en fomentation et cataplasme (...) elle résout les apostèmes surtout froids (...) elle mûrit les apostèmes froids intérieurs et extérieurs, soit qu'on l'emploie en cataplasme soit qu'on la boive" ( Guillaume de Salicet ).

    "Absinthium comprend quatre espèces. Lorsqu'on dit Absinthe sans autre désignation on veut parler de celle qui est cultivée communément dans les jardins [c’est la Grande Absinthe]. La seconde espèce est l’Absinthe sauvage, teutonique et marine [parmi les différentes Absinthes que cite Henri on peut reconnaître Artemisia gallica Willd (la gauloise et la santonique), A. maritima L. (la marine, c’est la Sanguenitte de nos côtes), la teutonique est peut  - être A. Austriaca Jaquin]. La troisième espèce est 1 ‘Absinthe douce ou Aneth [Anethum graveolens L. (Ombellifères), c’est le faux-anis ou fenouil bâtard]. La quatrième est 1‘Absinthe pontique [ Artemisia pontica L., " pontica " de Pont - Euxin, c’est la Petite Absinthe] ainsi nommée parce qu ‘elle est originaire du Pont [le Pont Euxin = le détroit du Bosphore], ou à cause de la saveur pontique [au Moyen - Age on donnait ce nom à une saveur astringente]" ( Henri de Mondeville , Synonymes des répercussifs, 63). 

    "Absinthium ["Alcyne" dans la version Joubert. Ce terme ancien se retrouve d’ailleurs dans certaines appellations populaires telles alvine ou aluine] herbe chaude au premier, seiche au tiers ["au second" dans la version Joubert] avec stipticité"(Guy de Chauliac ).

    [page mise à jour le 21/02/2004]

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