Ache  

 

Ache des marais, Apium [nom donné en latin au Céleri, qui en est d’ailleurs la variété cultivée] graveolens [du latin : à odeur forte. Ce nom d’espèce se retrouve également pour l’ Aneth] L. (Ombellifères). Plante vivace des marais et des prés humides de l’ouest et du midi de la France, mesurant de 0,30 à 1 m de haut.

 

La racine, les feuilles et les fruits renferment une essence contenant des carbures terpéniques et des lactones.

 

Dans la pharmacopée populaire, l’Ache est employée comme diurétique : la racine [elle fait partie des racines dites "apéritives" (Ache, Asperge, Fenouil , Persil , Petit—Houx) et entrait dans le sirop diurétique des 5 racines (Codex 1949)] en décoction et en alcoolat, la feuille et les graines en infusion. On notera l’emploi, en usage externe, des feuilles fraîches écrasées en cataplasme froid contre les contusions et les ulcères.

 



Au Moyen—Age, la plupart des chirurgiens : Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac emploient l’Ache, extérieurement, conne résolutif :

 

    "Ache est chaude et sèche (...) la domestique et la sauvage résolvent les apostèmes froides et durs et aussi les chauds. Si la sauvage est mise pilée en emplâtre sur un membre elle y produit vésication par sa chaleur et acuité (...)" ( Guillaume de Salicet ).

    "Apium, en arabe Karafs, en grec Selinon. Il est chaud au 1er degré, sec au deuxième. Il en existe deux, l'un cultivé, l'autre sauvage. Le premier se subdivise en deux espèces, d’abord celle bien connue à cause de son fréquent usage, puis celle qu‘on appelle Persil, Petroselinon, c ‘est - à -  dire Persil des Rochers, et qu‘on emploie comme condiment culinaire [ Petroselinuni sativum Hoffm. = Carum petroselinuni Benth. et Hook. Le persil est rattaché par Henri au genre Apium, ceci a été conservé par les modernes (R. Paris et H.Moyse, 1967, Matière médicale,T.II, p. 475 )] . L ‘Apium sauvage comprend sept espèces : 1° le Cresson aquatique ou Hydroselinon, de hydros, eau, nommé aussi Séneçon, Poivre d ‘eau, Cyminum ou Cumin. Avicenne en a parlé dans le 2ème Canon, au chapitre de Apio., de Cymino et de Pipere aquae ; 2° l‘Apium des grenouilles ou Ranium ou Batrachion (…); 3° la  Bérula dite pupille de l'œil et Poivre d’eau; 4° le Persil macédonien bien connu ; 5° le Trèfle ; 6° l’Apium risus, Herbe scélérate (…); 7° Apium haemorrhoidarum (...) on assure (comme l’indique son nom) qu’il calme les douleurs des hémorroides" [on remarquera avec ce passage, les difficultés que l’on s'attendrait à rencontrer quand on veut rattacher les plantes utilisées au Moyen—Age à des espèces actuelles : non seulement les noms sont souvent fantaisistes mais la classification est différente ( celle utilisée de nos jours a été, essentiellement, mise au point au XVIIIe par Charles de Linné, célèbre naturaliste suédois, né à Rashult en 1707 et mort à Upsala en 1778 ). En fait il n'en est rien : sur les 145 substances d'origine végétale retenues pour ce glossaire, seules 14 présentent un classement botanique litigieux et 1 seule n'a pas pu être classée, ce qui fait donc que 92% de la matière médicale médiévale d'origine végétale ont pu être rattachés à des familles botaniques modernes!
    Cependant,
    Henri de Mondeville, bien qu'étant, par ailleurs,  un remarquable botaniste, rattache au genre Apium un certain nombre de plantes qui n’ont aucun rapport avec lui : le Cresson, par exemple ( Nasturtium officinale R.Br., famille des Crucifères ) est nommé Séneçon, Poivre d’eau, Cumin, toutes plantes qui sont différentes. Il en est de même pour les autres espèces citées. Saint—Léger (in Nicaise) a cru pouvoir interpréter ainsi les plantes indiquées par Henri : Apium des grenouilles = Anemone nemorosa L., Renonculacées ; Bérula = Veronica beccabunga L., Scrofulariacées. Persil macédonien = Bubon macedonicum L., Ombellifères, notons à propos de cette espèce que ce nom a complètement disparu des flores actuelles ; Trèfle = Menyanthes trifoliata L., Gentianées ; Apium risus = Ranunculus sceleratus L., Renonculacées ; Apium haemorrhoidarum = Ficaria renunculoïdes Moench., Renonculacées] ( Henri de Mondeville, Synonymes des résolutifs, 98);

    "Ache est une herbe :  elle a plusieurs espèces, chaude au premier, seiche au second, avec maturation et mondification "( Guy de Chauliac ).

[page mise à jour le 21/02/2004]

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