Aloès

 

Nom donné au suc épaissi provenant des feuilles d’une douzaine d’espèces de plantes de la famille des Liliacées et qui poussent dans les régions chaudes d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, mais également d’Europe du sud.

 

On utilise surtout l’aloès du Cap produit par Aloe ferox Mill. et l’aloès des Barbades provenant de Aloe vera L. Ces plantes possèdent un tronc ligneux de 30 à 50 cm de haut, terminé par une rosace de feuilles charnues, épaisses, épineuses, surmontées par une inflorescence pouvant atteindre un mètre de long.

 

L’aloès est connu depuis la plus haute Antiquité. Les Assyro - Babyloniens l’utilisaient avec l'Absinthe, contre la paresse d’estomac et les anciens Egyptiens, (inventeurs du clystère) l’employaient en lavements purgatifs en même temps que le séné. Connu des Hindous ( c’est aux Indes qu’ Alexandre le rencontra ), l’aloès figure aussi dans le premier herbier chinois datant de 973 av. J.C. ( G. Debuigne, 1974, Larousse des plantes qui guérissent, p. 55 ).

 

L’Antiquité gréco-latine, pour sa part, lui attribuait des propriétés cicatrisantes : Galien et Celse (L.V, chap. I.) en particulier.

 

Le suc d’aloès renferme des anthracénosides, surtout l’aloïne qui a une propriété purgative. Il entre dans certains alcoolats, tels celui de Fioravanti [l’alcoolat de Fioravanti tire son nom d’un médecin italien du XVIe. Sa composition assez complexe est une macération alcoolique de plantes aromatiques et résineuses telles aloès, cannelle, girofle, myrrhe, muscade, térébenthine, etc...]. Il a été longtemps utilisé comme élixir dans les coliques néphrétiques.) utilisés jadis en usage interne, ils ne le sont plus qu’en application externe pour calmer les douleurs rhumatismales. On retiendra également le Baume du Commandeur, où l’aloès entre dans la composition à côté de l’angélique, du millepertuis, du myrrhe, etc... Employé comme cicatrisant et hémostatique depuis le Moyen—Age, il était également utilisé en élixir comme cordial et vulnéraire. Ce baume est pratiquement abandonné de nos jours sauf dans certaines pharmacopées populaires.

 



Au Moyen—Age la plupart des chirurgiens, Constantin l’Africain, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac emploient l’aloès essentiellement en application externe comme vulnéraire :

    "Aloès est chaud et sec. En poudre il consolide les plaies et mis en emplâtre avec du miel, il enlève les vestiges de la percussion et s‘il est mis avec du vin (...)"( Guillaume de Salicet ).

    "Aloé est la larme d’une plante appelée en arabe Saber ; il en existe trois espèces: le cicotrin [ déformation de socotrin, Aloe Socotrina L., de Socotra, île de l’Océan Indien, réputée pour ses exportations d’aloès, d’encens et de sang-dragon] qui est le meilleur, 1‘hépatique [Aloès hépatique :le suc brun rougeâtre à cassure nette rappelle la couleur du foie] et le caballin [Aloès caballin, utilisé en médecine vétérinaire, d'où son nom], il est chaud au 2ème degré, sec au 1er degré" ( Henri de Mondeville, Synonymes des mondificatifs, 150).

     "Aloë, suc espaissi de certaine herbe. Il est chaud au second, sec au premier. Il consolide les ulcères, spécialement des parties honteuses "( Guy de Chauliac ).      

[page mise à jour le 21/02/2004]

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