Apostème  

Chez les Anciens (Grecs et Latins) ce terme [du latin apostema, apostume, abcès (Pline l'Ancien, Naturalis Historia, 20, 16) et du grec apocima, même signification] paraît être synonyme d'abcès.Galien en donne la définition suivante : "on appelle ainsi, les diathèses où les parties primitivement en contact s'écartent les unes des autres. Il existe donc nécessairement entre elles un espace vide qui contiendra une substance soit pneumatique, soit humide, soit douée des deux propriétés".


Au Moyen - Age, le terme d'apostème est toujours très en vogue dans le vocabulaire médical et est employé avec une acception très vaste ainsi qu'en témoignent Henri de Mondeville et Guy de Chauliac. Cependant, il semble qu'il soit souvent utilisé dans le cas d'un oedème post-traumatique : les contusions étant une cause primitive des apostèmes.

Selon Pifteau ( Glossaire de la Chirurgie de Guillaume de Salicet ) les Anciens attribuaient les apostèmes à trois causes spéciales : primitives, antécédentes et conjointes : les " quatre humeurs naturels et les non naturels " étant les causes antécédentes ; " les matières assemblées et fichées en la partie " étant les causes conjointes :

    " II faut noter, comme on le voit par l'intention d'Avicenne (...) qu'apostème, dubelech (en arabe), tumeur, éminence, élévation, grossissement, enflure contre nature, sont sept termes qui désignent la même chose et sont synonymes ; c'est le genre de tout apostème dont il y a beaucoup d'espèces " (Henri de Mondeville, III° Traité, Doctrine II, Chap. II ).

    " De quoi il appert, que nos modernes ( sçavoir est Brun, Théodore, Lanfranc et Henri ) ont assez simplement défini apostème, disons que c'est une tumeur, ou enflure ou quelconque grosseur, faite au membre outre sa forme naturelle (...).Eminence,. apostème, tumeur, enfleure, grossissement, élévation et excroissance, sont noms synonymes, qui signifient presque une même chose" ( Guy de Chauliac, Second Traité, Doctrine I, Chapitre I ).

Quelque soit l'origine de l'apostème, le traitement consiste d'abord à le résoudre par des emplâtres ou des embrocations L'incision n'intervenant qu'en dernier recours, en cas d'insuccès de la résolution :

    " Avicenne loue et approprie à tout membre (...) l'emplastre fait de grenade douce, cuite en vin adstringent, pilée et appliquée. S'il ne peut estre repoussé ne dissipé, ce le faut suppurer avec emplastres dits à supprimer apostèmes. Et à ce Rogier ordonne une embrocation des maulves, aloyne et farine de froment , cuits en vin et un peu de miel et assez d'oing [cf : graisse, suif]. Si la sanie ne s'escoule par la playe, il faudra faire ouverture au lieu plus propre" (Guy de Chauliac, III° Traité, Doct. I, Chap. I ).

[page mise à jour le 21/02/2004]

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