Bette

    Appelée parfois Poirée, bien que ce nom désigne, en fait, seulement Beta Cicla (L.) Pers.

    La Bette dépend du genre Beta [ nom latin de la plante (Pline, Naturalis historia, L.19, § 132)] (Tourn.) L. auquel appartiennent quelques espèces de Chénopodiacées : en particulier la Bette cultivée, B. vulgaris L. [elle correspond à deux variétés cultivées : la Betterave rouge (contenant de la bétaïne), la Betterave à sucre (riche en saccharose et contenant aussi de la bétaïne et des saponosides)] qui semble dériver de B. maritima L.

    La Bette est une plante à tige robuste, pouvant atteindre 1 m de haut, possédant une grosse racine charnue ; elle est commune en Europe. On lui reconnaît des propriétés rafraîchissantes, émollientes, laxatives, en décoction et en cataplasme.

    La Bette est connue depuis la haute Antiquité, surtout pour ses vertus culinaires : Aristophane, le plus célèbre des poètes comiques grecs (445-vers 386 av. J.C.) la signalait sous le nom de teutlon. Hippocrate , pour sa part, l'utilisait en pansement sur les articulations luxées.

    Après un long oubli, le Moyen-Age va redécouvrir l'usage de la plante, par l'intermédiaire des Arabes qui, eux, l'emploient contre l'épilepsie, en injectant son suc dans les narines. Il faut noter cependant que l'Occident, pour sa part, ne considère la Bette que pour son apport alimentaire : Charlemagne la fait cultiver dans ses jardins et autour des monastères ; de là datent les recettes de "porées" : celle d'Arras est restée célèbre et toutes les villes du nord de la France avaient alors une "rue à la Porée" réservée à la vente de ce légume (G. Debuigne, 1974, p. 75).

    Le monde médical ne nous semble pas avoir tellement apprécié la Bette, mème dans le régime des blessés, en effet — à notre connaissance — seul Guillaume de Salicet en signale l'emploi dans ce but.

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