Henri de Mondeville ( 1260-1320 )

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1 ~ Notice biographique

Né quelque part en Normandie [on ne sait pas exactement si c'est à Mondeville, près de Caen ou à Ermondeville, près de Valogne (P. Theil, 1969, p. 287)] , Henri de Mondeville apprend l'art médical près de Théodoric et de Guillaume de Salicet , à Bologne, et de Lanfranchi, à Paris. Quand il meurt en 1320, il aura été le chirurgien de deux rois de France : Philippe le Bel et Louis le Hutin, ce qui l'aura amené à fréquenter de nombreux champs de bataille, et de ce fait, à être le premier à expliquer comment traiter des blessés en armure! Henri est l'auteur d'une monumentale Chirurgie, que la maladie (vraisemblablement la tuberculose) ne lui permet pas d'achever. Il est dommage que ce soit justement le quatrième traité, que l'Auteur voulait consacrer aux fractures,qui manque ! Henri, fidèle à son Maître Théodoric préconise, non sans mal d'ailleurs, d'abandonner la suppuration des plaies, au profit de leur assèchement et désinfection.

2 - Sources bibliographiques

Nous avons utilisé la traduction de E. Nicaise (F. Alcan, Paris, 1893).

3 - Extrait de texte (cf.également Henri de Mondeville / PDF)

 

Première Partie - De l’extraction des traits. Déclarations préliminaires spéciales.

Notons pour bien comprendre la première Partie du chapitre qui va suivre, partie qui traite de l’ablation des corps étrangers des plaies, qu’Avicenne dit (et là - dessus tous les auteurs de médecine et de chirurgie, tous les anciens praticiens sont d’accord), que si les corps enfoncés dans une plaie ne cèdent pas à une traction légère, ils doivent être laissés quelque temps dans la plaie, lorsqu’ils sont dans une région dangereuse, et même parfois lorsqu’ils sont en une région non dangereuse. Il semble que l’on fasse cela uniquement pour l’une des trois raisons suivantes : 1°   pour éviter un écoulement de sang ; 2° pour que la plaie soit rendue plus glissante par le pus qui s’y forme, de façon qu’on puisse extraire plus facilement l’objet enfoncé ; 3° parce que quelquefois la nature par la marche du temps expulse le corps étranger.

Nous modernes , à savoir Théodoric et ses adeptes, dans ce cas comme dans tous les autres, nous extrayons le plus tôt possible un objet quelconque enfoncé dans la plaie, en observant les règles qu’il faut observer, la raison pour laquelle on doit extraire des organes nobles et des endroits dangereux, les corps qui y sont plantés (car pour les autres cela ne fait aucun doute du moment qu’on a reconnu qu’il faut les extraire des premiers), est la suivante tout ce qui est enfoncé dans un organe noble, y cause une solution de continuité, distend ses parties, provoque en lui un flux d’humeurs, de la douleur, de l’apostème, de la fièvre par son implantation et son séjour dans l’organe, et quand l’extraction apaiserait ces accidents, - doit être immédiatement éloigné et extrait de l’organe noble et du lieu dangereux ( ... ).

De l’extraction des traits et des autres objets qui se trouvent accidentellement entre les lèvres des plaies.

Sur cette première partie, il faut s’enquérir de quatre choses : 1° des objets fichés dans le corps humain  ; 2° des instruments avec lesquels ces objets sont extraits ; 3° des membres dans lesquels lesdits objets sont fichés ; 4° de la manière d’extraire les objets fichés.

Quant au premier point, il faut que l’on sache que parmi les traits et tous les autres objets fichés dans le corps, les uns sont petits, les autres grands, ce qui se reconnaît à la vue. De même dans les uns l’extrémité du fer qui répond au bois, est creuse et reçoit le bois ( cette cavité s’appelle douille) les instruments de ce genre sont dits creux. D’autres ont l’extrémité susdite non pas creuse mais pleine et pointue (tout comme leur extrémité antérieure qui doit pénétrer dans le corps) ; cette extrémité pénètre dans le bois. Cela fait un engin dont les deux extrémités sont tout à fait semblables et on l’appelle trait sourd ou plein ( sourd est mis par opposition à l’instrument creux, qui résonne quand on le frappe, l’instrument plein ne résonne pas, il est sourd ). De plus les uns sont barbelés, les autres pas on le reconnaît si on les voit à découvert, les uns sont fichés dans le corps de telle façon qu’une partie de leur fer apparaît au dehors ; d’autres sont complètement enfoncés dans le corps, c’est - à - dire cachés ; de ceux - ci, rien n’apparaît au dehors. Parmi ceux qui apparaissent au dehors, les uns apparaissent assez pour que cela suffise à l’extraction ; les autres n’apparaissent pas assez. De tous les objets susdits, les uns doivent être abandonnés, les autres extraits. Et de ceux qu’il faut abandonner, les uns doivent être abandonnés complètement et pour toujours et cela à cause seulement des propos du peuple, ainsi ceux qui sont fiché dans des organes nobles, quand la force vitale est complètement épuisée. Cependant d’après la vérité, l’art et la raison, tout ce qui se trouve accidentellement entre les lèvres des plaies, doit nécessairement en être retiré. D’autres objets doivent être abandonnés pour quelque temps seulement, à savoir jusqu'à ce que le patient se soit confessé et ait ordonné, etc. ; de ce genre sont les objets fichés dans les organes nobles et les régions dangereuses, lorsque la force vitale se maintient.

Quant au second point, c’est - à - dire les instruments â l’aide desquels on extrait les objets fichés dans le corps, il faut savoir ( ... ) que les uns sont des tenailles : celles - ci sont de formes et de dimensions diverses elles doivent en effet être petites, moyennes, grandes, aiguës ou très aiguës, afin de pouvoir pénétrer dans une plaie de proportions quelconques. Elles doivent être très fortes, de bon acier, dentelées en dedans, etc... Les unes s'ouvrent et se ferment au moyen d’une vis d’autres sans vis ; les unes et les autres sont bien connues. Les unes sont sourdes, les autres concaves ; celles - ci sont les meilleures. Il y a à cela deux raisons : 1° elles s’appliquent mieux à l’objet saisi, et le tiennent ainsi plus fermement ; 2° elles n’écrasent pas la douille du trait fiché. Sont sourdes celles qui n’ont pas en dedans une concavité proportionnée qui reçoive entre ses lèvres ou ses branches l’extrémité de l’instrument à extraire. Les concaves sont celles qui ont cette concavité.

Un autre instrument est l’arc, qui ne manque jamais son effet ; il est fait de telle sorte qu’on ne peut le décrire avec des mots il extrait admirablement les dards et les autres objets qui apparaissent suffisamment pour les autres, il n’est d’aucune utilité. Les terebellae ( vrilles ) sont les instruments avec lesquels les cabaretiers percent leurs tonneaux elles ont toute la même forme et doivent être de grandeurs différentes dans les cas où elles conviennent, elles extraient très bien les objets à extraire, comme on le verra dans la suite. La ballista ( arbalète ) est bien connue ; elle est utile à l’occasion.

Il est parfois nécessaire que le chirurgien invente de sa propre industrie, d’autres instruments que ceux - la, suivant les besoins , dans certains cas où les instruments susdits ne suffisent pas ou font défaut.

Quant au troisième point, c’est - à - dire quant aux membres dans lesquels les objets sont fichée, il faut savoir que les uns sont principaux par leur noblesse, comme le coeur, etc., d’autres sont principaux par leurs fonctions, comme l’estomac et le foie, etc. Ne sont pas principaux, par exemple, la cuisse, la main, qui ne sont principaux ni par leur noblesse, ni par leurs fonctions, puisqu’ils ne remplissent aucun office qui soit indispensable à l’existence du corps humain.

A propos du quatrième point, La manière d’extraire les objets fichés dans le corps, il faut être attentif à deux ordres de considérations ; 1° a certaines considérations générales ; 2° à certaines considérations particulières.

Au sujet des généralités, il y a trois canons  : 1° la manière d’extraire les objets fichés est une chose si ardue et si immense qu’elle ne peut être complètement enseignée, car tous les jours on fait de nouvelles espèces de traits, etc., et par conséquent il faut trouver une nouvelle manière de les extraire, puisque ce qui est nouveau, demande nouvel avis aussi faut - il au chirurgien un prompt génie naturel ; 2° second canon général, règle ou enseignement qu’il faut observer dans l’extraction des objets fichés on les extraira le plus légèrement et le plus rapidement possible, en observant les règles à observer. ; 3° troisième canon général toutes les fois qu’après l’extraction d’un trait ou d’un objet semblable, l’on prévoit une plaie grande ou petite dans un membre noble ou dans une région dangereuse, ou près d’une telle région, ainsi que toutes les fois que l’on prévoit un violent écoulement de sang, et en général toutes les fois qu’après une extraction de ce genre menace un péril évident, le chirurgien ne doit pas pratiquer l’extraction ni panser la plaie tant que le blessé ne se soit confessé et n’ait ordonné, etc.; pendant ce temps il préparera ce qui lui est nécessaire, il rasera les poils, enlèvera l’armure, fera les plumasseaux ( compresses ), etc. Cela fait et le patient confessé, il extraira l’objet fiché le plus rapidement et le plus légèrement qu’il pourra, en observant les règles qu’il faut observer.

Quant aux considérations spéciales , il faut être attentif à deux choses 1° à l’extraction des engins fichés ; 2° à l’extraction d’autres objets morceaux de verre et autres semblables. Le premier cas en comporte deux : l° les engins ne sont pas empoisonnés ; 2° ils sont empoisonnés. Le premier cas se divise en deux : 1° l’engin n’est pas barbelé ; 2° il est barbelé. Le premier cas en renferme deux : 1° l’engin fiché est creux ; 2° l’engin est massif. Le premier cas en comporte deux : l° l’engin est fiché dans le corps non recouvert de l’armure ; 2° dans le corps recouvert de l’armure. Le premier cas en contient deux : 1° l’objet fiché apparaît ; 2° il est complètement caché. Le premier cas en renferme deux : 1° l’objet apparaît suffisamment ; 2° il n’apparaît pas suffisamment.

1° Quant au premier cas, soit la manièred’extraire des traits qui apparaissent suffisamment au dehors pour l’extraction   il faut savoir que le bois fiché, ou bien adhère an fer et est dans sa cavité, ou n’y adhère pas. S’il y adhère encore, on l’extraira en le mordant le plus près du corps qu’il pourra être saisi et mordu par les instruments appropriés. Si le bois est séparé et sorti du fer, il faut alors remplir solidement le trou du fer avec un morceau de bois proportionné, parce que si le fer était vide, il pourrait être écrasé par la forte pression des turquoises ( tenailles ). Ensuite on mordra avec des turquoises et on extraira. Si les turquoises ne suffisent pas, on essaiera d’extraire à l’aide de 1’arc, qui ne manque pas son effet. Si cela ne suffit pas, on tentera de faire l’extraction avec les grandes turquoises des forgerons si elles ne sont pas suffisantes, on liera fortement le membre percé de la flèche à une poutre solide. on tendra la corde d’une forte arbalète, comme si l’on voulait tirer, on attachera fermement à cette corde l’extrémité saillante de l’objet à retirer, on lâchera alors la corde de l’arbalète, comme si l’on voulait tirer. Je n’ai vu manquer ce moyen qu’une seule fois.

2° Règle ou canon sur la manière d’extraire Les traits qui n’apparaissent pas suffisamment pour l’extraction   on les extrait de la façon suivante, en observant les règles qu’il faut observer si rien ne s’y oppose, on élargira la plaie extérieure à côté du trait, jusqu’à ce que l’objet à extraire puisse être suffisamment mordu avec les instruments. Si l’objet fiché a une pointe plantée dans quelque os autre que le crâne, il pourra être extrait sans élargissement de la plaie en le faisant tourner avec des tarières, comme on le verra plus bas, à propos de l’extraction des traits creux complètement enfoncés.

3° Il faut savoir, à propos de L’extraction des traits entièrement enfoncés dans le corps, que les uns peuvent et doivent être extraits par le côté où ils sont entrés ; d’autres le peuvent, mais ne le doivent pas d’autres ne peuvent pas, mais le doivent ; d’autres ne le peuvent ni ne le doivent.

A - Les premiers sont ceux qui ont une pointe fichée dans quelque os, ainsi dans une des vertèbres, ceux qui sont entrés par la région des organes de la nutrition, ceux qui sont plantés dans l’os de la cuisse, et autres semblables. La manière d’extraire des objets ainsi plantés est la suivante, que le bois adhère au fer ou non on comprime les parties adjacentes au trait autant qu’on peut, pour faire apparaître au dehors la plus grande partie possible de l’objet fiché ; s’il en apparaît suffisamment, on le saisira avec les instruments appropriés. Et si le bois est sorti du fer, et que celui - ci soit creux, on le remplira avec du bois, comme il a été dit, et on l’extraira en observant les règles qu’il faut. Mais si, ni par la compression qu’on vient de dire, ni autrement, il ne peut apparaître une partie suffisante du trait, on enfoncera des tenailles proportionnées à la plaie. qui saisiront si possible l’objet fiché, et l’extrairont. S’il ne peut être extrait, l’on enfoncera une tarière proportionnée à la plaie, de façon à la faire parvenir exactement, peu a peu et légèrement jusqu’à l’objet enfoncé. Lorsque le chirurgien sentira que la tarière pénètre dans le fer, il tournera doucement comme s’il voulait percer, puis plus fort, jusqu’à ce qu’elle adhère très fortement ; alors il tirera ou fera tirer, car si la tarière adhère fortement, elle n’abandonnera lamais l’objet fiché ; aussi est - ce la meilleure manière et qui est tout indiquée, lorsqu’il s’agit d’extraire des dards qui ont une pointe enracinée dans les os.

B - Les traits qui peuvent mais ne doivent pas être retirés par la partie par laquelle ils sont entrés et qui sont complètement enfoncés , sont ceux qui sont entrés si profondément qu’ils ont pénétré jusqu’à la partie opposée ou presque jusque - là. Si on les ramenait, au lieu de les chasser vers l’autre côté, les douleurs seraient plus grandes et le blessé courrait un plus grand danger. Tels par exemple les traits qui ont pénétré si profondément sous la tête par l’œil, qu’ils apparaissent suffisamment à la partie postérieure, et ceux qui sortent presque à travers la peau, mais pas tout à fait, de façon a permettre de sentir la pointe en la palpant tels encore ceux qui n’adhèrent a aucun os et sont tellement enfoncés quelque part dans le corps, qu’ils apparaissent presque tout entiers au dehors du côté opposé, et dont le bois cependant adhère si fortement qu’il pourrait servir à les retirer par le côté où ils sont entrés.

La manière d’extraire les traits qui apparaissent suffisamment du côté opposé , est de les saisir avec des instruments et de les tirer en observant ce qu’il faut observer. La manière d’extraire les dards qui n’apparaissent pas au dehors, est d’élargir la plaie de la chair, de trépaner ensuite l’os et d’élargir sa plaie jusqu’à ce que l’on puisse extraire le dard ; on l’extraira par le côté opposé en tirant avec des instruments ou en poussant avec le bois ou quelque autre objet, par le côté où le trait est entré. Si le propre bois du trait adhérait encore fortement, dès qu’il en apparaîtra une partie de l’autre côté, on le coupera délicatement, et on le retirera. La manière d’extraire les traits qui ne sont enracinés dans aucun os, n’apparaissent pas suffisamment du côté où ils sont entrés, et auxquels leur bois adhère fortement, consiste à les tirer par le côté opposé, les pousser par le côté où ils sont entrés, à couper le bois, etc. Quoiqu’ils puissent être retirés par la partie par laquelle ils sont entrés, ils ne le doivent cependant pas, parce que le fer blesserait plus en revenant que le bois en poussant.

C - Les traits qui doivent et ne peuvent pas être extraits par la partie par laquelle ils sont entrés, sont ceux qui étant complètement enfoncés ne peuvent être saisis , mordus et ramenés par les instruments ; et cependant si cela était possible il y aurait moins de danger à les ramener qu’à les chasser du côté opposé ; ils ne doivent donc pas être ramenés. La manière de les extraire est de faire une incision du côté opposé, là où on sent l’objet, ou on croit qu’il se trouve, jusqu’à ce que l’on puisse l’extraire en observant les règles qu’il faut observer.

D - Les traits gui ne peuvent ni ne doivent être extraits par la partie par laquelle ils sont entrés , sont ceux qui sont si profondément et si complètement enfoncés qu’ils pénètrent jusqu’à la partie opposée ou presque, et ne peuvent être saisis par devant du côté de la plaie ceux dont le bois est séparé ou auxquels il adhère si faiblement, qu’on le séparerait en tirant légèrement ceux qui ont pénétré dans ou noble, de telle sorte qu’en revenant, si cela était possible, à travers les organes par lesquels ils ont passé, ils leur causeraient un plus grand dommage que si on les chassait de l’autre côté. La manière d’extraire ces traits par la partie opposée est, s’ils apparaissent suffisamment, celle qu’on vient de dire de même, s’ils n’apparaissent pas suffisamment, on procédera comme plus haut, incisant, tirant et poussant, en supposant toujours ce qu’il faut supposer.

4° Quant à la manière d’extraire les dards fichés dans le corps d’hommes qui ont des armures  :ceux seulement qui adhèrent à 1’armure, puisque l’on a suffisamment parlé de la manière d’extraire ceux qui n’y adhèrent pas, il faut savoir que les uns adhèrent fortement à l’armure, les autres moins fortement. De plus Ces traits, ou apparaissent hors de l’armure ou n’apparaissent pas. S’ils apparaissent, c’est suffisamment ou insuffisamment. Si c’est suffisamment, ou bien ils sont petits ou bien ils sont grands. — Si donc ils sont petits, n’adhèrent pas fortement à l’armure et sont fichés dans des membres non nobles, dans des régions qui ne sont pas dangereuses et ou on ne craint pas de violent écoulement de sang, il faut les extraire et enlever immédiatement l’armure. S’ils apparaissent suffisamment en dehors de l’armure, s’ils sont grands et fichés dans des membres nobles ou dans des régions dangereuses, et l’on redoute un grand écoulement de sang, qu’ils adhèrent ou non à l’armure, la manière de procéder doit être la suivante on préparera d’abord ce qui est nécessaire pour la plaie, et un armurier avec ses instruments enlèvera prudemment et délicatement l’armure, ou bien la lacérera après avoir auparavant coupé la hampe du trait, pour qu’elle ne le gêne pas dans son opération ensuite on retirera le trait, en supposant ce qu’il faut supposer. Il y a à ce procédé deux raisons la première, la crainte que, si on arrachait dès l’abord le trait, il ne survienne un jet impétueux de sang que l’armure empêcherait d’ arrêter la seconde raison est la crainte que le trait, une fois arraché de la chair, ne puisse être séparé de l’armure, et que n’étant plus maintenu par les tenailles et revenant vers le corps, il ne pénètre de nouveau dans la première plaie, ou par suite d’un mouvement de l’armure ne fasse une nouvelle blessure à côté de la première. Il peut se produire ainsi un écoulement de sang ou une piqûre dans la première blessure, ou bien deux plaies au lieu d’une, et parfois un écoulement de sang en même temps que deux plaies.

Si le trait n’apparaît pas suffisamment , s’il est petit et en dehors d’un membre noble, etc., on l’arrachera si cela est possible et on enlèvera ensuite l’armure s’il n’est pas possible de l’extraire ainsi, on lacérera l’armure, etc. Si l’objet est grand et n’apparaît pas suffisamment, on lacérera l’armure, etc. bans le cas où le trait n’apparaît pas hors de l’armure ou bien il adhère à l’armure ou bien il est enfoncé sous elle et en est com­plètement séparé s’il adhère, on lacérera d’abord l’armure, etc. ; s’il est enfoncé sous elle et séparé d’elle, on enlèvera l’armure et on extraira ensuite le trait.

5° Il faut savoir au sujet de l’extraction des traits sourds ou d’objets semblables, que les uns apparaissent au dehors, les autres pas. De ceux qui apparaissent, ou bien le renflement du milieu apparaît, ou il n’apparaît pas. Pour ceux dont le renflement médian est resté en dehors, on les extrait facilement avec des turquoises, en observant ce qui est à observer, etc. Pour ceux dont le renflement n’apparaît pas, on les extrait facilement s’ils adhèrent légèrement ; s’ils adhèrent fortement, on ne les extrait que difficilement en élargissant la plaie, jusqu’à ce que le renflement du milieu puisse être saisi avec des instruments. Quant à ceux qui n’apparaissent pas ou sont complètement enfoncés, on les extrait avec peine s’ils adhèrent fortement, parce qu’il faut élargir la plaie jusqu’à ce que leur renflement puisse être saisi par les instruments. S’ils adhèrent peu, comme lorsqu’ils sont fichés seulement dans la chair, ils suffit alors pour les extraire , de mordre leur pointe avec des instruments appropriés, en observant toutes les règles qu’il faut observer.

6 - Quant à l’extraction des flèches barbelées ou à oreilles, ce qui est la même chose, il faut savoir que les unes sont fichées de façon que l’extrémité des barbes apparaît au dehors les autres de telle sorte que les barbes sont entièrement cachées et enfoncées et que la douille du fer apparaît au dehors sans les barbes ; il y en a d’autres dont rien n’apparaît au dehors. Les flèches dont les extrémités des barbes apparaissent au dehors, peuvent être facilement extraites, en observant ce qu’il faut observer, etc. De celles dont les barbes ou le fer entier est caché, les unes sont fixées dans l’os, les autres pas. Pour celles gui sont fixées dans l’os, il faut les retirer par le côté où elles sont entrées, en introduisant une canule autour des barbes, et en observant, etc. Si elles ne sont pas fixées dans un os, on peut les extraire de deux manières : par le côté où elles sont entrées, comme on vient de dire, et cela si l’on peut introduire une canule autour des barbes - si on ne peut pas en introduire une, il faut extraire la flèche par la partie opposée en faisant une plaie suffisante, si elle n’existait pas auparavant, et en observant toutes les règles ( ... ).

 

 

  [page révisée le 08/07/2015]

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