Camomille [retour Glossaire]

Sous le vocable de Camomille, on regroupe différentes Composées Radiées appartenant aux deux genres : Anthémis et Matricaria. Ces deux plantes sont très proches botaniquement et peuvent facilement être confondues : la différence visuelle réside dans la présence de poils situés entre les fleurs pour les Anthémis :

  • Anthemis (ancien nom grec de la plante) nobilis L. : c'est la Camomille romaine. Cette herbe vivace de 10 à 30 cm de haut, est originaire de l'Europe occidentale : France, Espagne, Portugal, mais non d'Italie, contrairement à son épithète de "romaine" [en fait ce terme fait allusion à Galien, le plus romain des médecins grecs, qui le premier en a conseillé 1'usage]! En France, elle est cultivée depuis plus d'un siècle : c'est une spécialité de l'Anjou (cantons de Thouarcé et Chennillé) qui en fournit près de 70 tonnes chaque année. On utilise les capitules qui renferment une huile essentielle (dérivés terpéniques : essence à angélate de butyle) et des composés polyphénoliques (acide caféique, flavonoïdes, coumarines, catéchols). L'utilisation de la Camomille romaine remonte donc à Galien qui la préconisait contre les céphalées. Pline et Dioscoride ont signalé trois espèces de Camomille [on peut donc très valablement supposé qu'ils faisaient déjà la distinction entre l'Anthemis et la Matricaire]. De nos jours, la plante est toujours employée ( c'est une des cinq plantes à tisane dont la vente est libre en France) pour ses propriétés stomachiques et antispasmodiques en usage interne ; pour ses propriétés émolliantes et calmantes (inflammation des paupières, douleurs rhumatismales et traumatiques) en usage externe.
  • Matricaria (ancien nom latin de la plante) chamomilla (du grec chamaï , de terre et melon , pomme, allusion à la forme et à l'odeur des capitules ) L. : c'est la Camomille commune ou C. allemande. Grande plante de 20 à 50 cm de haut, spontanée dans toute la France et en Afrique du Nord, cultivée en Yougoslavie et Hongrie. On utilise également les capitules floraux qui renferment une huile essentielle (essence à chamaluzène, carbures terpéniques) et des composés polyphénoliques (flavonoïdes et coumarines). La Matricaire est connue depuis la plus haute Antiquité comme fébrifuge, emménagogue, et contre les maladies du foie et les douleurs intestinales. Actuellement, en dehors de son usage classique pour blondir les cheveux, elle sert comme antispasmodique, stomachique (voie orale), comme anti-inflammatoire et cicatrisant (voie cutanée).

Le Moyen-Age emploie la Camomille en usage externe, Avicenne, Gui11aume de Salicet , Guy de Chauliac , la signalent comme vulnéraire et résolutif :

"Camomille est chaude et sèche. Elle est résolutive et mollificative, abstersion des membres. Elle calme les apostèmes chauds, en mollifiant et résolvant, et adoucit les durs (...)" ( Guillaume de Salicet ).

"Camomille [très vraisemblablement c'est la Matricaire] fleur chaude et seiche au premier, résolutive et confortative " ( Guy de Chauliac ).

 [page révisée le 17/05/2009]

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