Cataplasme [retour Glossaire]

Ce nom [du grec kataplasma, application] est donné à des préparations de consistance molle et pâteuse, destinée à être appliquée sur la peau. Ces cataplasmes s'obtiennent en délayant dans l'eau chaude ou froide, une poudre plus ou moins grossière, à base de farine de graines diverses (froment, lin, moutarde, orge), de tubercules (pomme de terre) ou encore des plantes écrasées (carotte, sceau-de-Salomon). La pâte est enveloppée dans un tissu à mailles lâches pour laisser passer l'humidité.

Les cataplasmes sont des résolutifs (émollients, maturatifs) , calmants et rubéfiants. Ils sont généralement appliqués chauds, entre 55 et 40° C, mais les cataplasmes calmants peuvent être apposés tièdes ou froids lorsque la partie malade est très douloureuse ou enflammée [ Debuigne (G.), 1974 . Larousse des plantes qui guérissent. Larousse, Paris, 256 p.].


Les cataplasmes sont utilisés dès l'Antiquité :

  • chez les Grecs, Hippocrate  utilisait un cataplasme de farine d'orge, dans les traumas crâniens. La farine était pétrie et cuite avec du vinaigre "en ayant soin de la rendre aussi gluante que possible". Ce cataplasme posé sur de la charpie permettait de remplir l'orifice de la plaie du crâne. Sur les parties contuses, il préconisait un cataplasme de farine de froment, que l'on pouvait rendre plus "glutineux" en lui ajoutant de l'encens ou de la gomme (arabique ou ammoniaque) ;
  • chez les Latins, Celse employait un cataplasme, fait d'une partie de figues grasses, avec deux parties d'ivraie [céréale (voisine du blé) dont une espèce, Lolium temulentum L. passe pour vénéneuse lorsqu'elle consommée en trop grande quantité par les bestiaux] ou d'orge pour calmer les douleurs dans les fractures costales.

Au Moyen-Age, le terme de cataplasme apparaît peu dans les textes chirurgicaux, où il est confondu avec l'emplâtre : notons cependant qu' Abulcasis de Cordoue, préconise plusieurs fois les cataplasmes dans sa Chirurgie. C'est ainsi (L.V, Chap. XXII) qu'il traite les indurations post-traumatiques avec un cataplasme fait de racine de guimauve, battue avec de la graisse de poule et de l'huile de fumeterre. Plus loin (chap. LXXXIV) il utilise un cataplasme suppuratif, à base de farine d'orge, préparé avec eau et miel "dans le cas où la plaie se sera altérée au contact de l'air, et particulièrement pendant la saison d'été".

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