Galle

Nom donné à des tumeurs bénignes, se développant sur certains végétaux, à la suite de la piqûre d'insectes femelles pondant leurs oeufs.

Deux familles de plantes renferment des représentants montrant de manière habituelle des galles : ce sont les Chênes, chez les Cupulifères, et une variété de Fustet ( le Rhus semialata Murr. d'Extrême-Orient qui fournit les galles de Chine : l'insecte responsable ici est un Hémiptère), chez les Térébinthacées Anacardiacées.

La plupart des Chênes peuvent montrer des galles (dues à l'action d'un petit Hyménoptère, le Cynips Kolhari L.), cependant une seule espèce est classiquement le Chêne à galles : Quercus lusitania Lamk. var. infectoria Olivier. Cet arbre, pouvant atteindre 2 m de haut, est originaire de la Grèce (les Anciens l'utilisaient déjà) et de l'Asie mineure, fournit les galles les plus renommées (galles d'Alep) atteignant 1 à 3 cm de diamètre.

Les galles (ou encore "noix de galle " ) renferment un peu d'eau, des matières minérales, de l'amidon et surtout un tanin gallique (50 à 70 %) composé d'esters de glucose avec l'acide gallique.

Les tanins sont des substances intéressantes sur le plan thérapeutique : ils interviennent par leurs propriétés astringentes. En usage interne, ils sont antidiarrhéiques, en usage externe ils sont antiseptiques, antihémorroïdaires, et même hémostatiques par action vaso-constrictive au niveau des petits vaisseaux tégumentaires.


Ces propriétés sont bien connues des chirurgiens médiévaux, en particulier Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac :

    "Gallae, fruits [Henri, comme Dioscoride et Pline, confond galle et fruit ( gland)] du petit-Chêne [Selon Nicaise, Henri appelait major (grand), les Quercus sessiliflora Smith et Q. pedunculata Ehr. par opposition au minor (petit), le Q. pubescens Willd], sont froids, secs et styptiques" (Henri de Mondeville, Synonymes des répercussifs, 28).

    "Galles, fruicts : vertes, sont froides au second et sèches au tiers. Estant meures et nouvelles, n'ont pas tant d'astriction, toutes fois l'ont grande " (Guy de Chauliac).

[page mise à jour le 24/02/2004]

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