Gentiane

La Gentiane jaune (Gentiana lutea L.) est la plus connue des plantes de la famille des Gentianacées. On la rencontre dans toutes les montagnes d'Europe et d'Asie. Cette belle plante, qui peut atteindre 150 cm de haut (d'où le nom de grande Gentiane), est connue depuis longtemps [son nom viendrait de Gentius, Roi d'Illyrie, qui vanta le premier ses vertus (G. Debuigne, 1974, p. 132]. Les anciens Egyptiens, de même que les Romains, l'utilisaient comme stomachique.

C'est la racine qui est employée [ en cours de récolte, il y a parfois des confusions dangereuses avec la Vératre, plante toxique, appelée également Hellébore blanc]. Elle renferme des glucides ( pectine et oligosaccharides), des pigments jaunes (gentisine) et des principes actifs (le gentiopicroside en particulier), qui donnent la saveur amère. On avait cru également isolés des alcaloïdes.

La Gentiane est actuellement utilisée comme tonique amer, stomachique, apéritif et fébrifuge.


Les auteurs médiévaux emploient la racine, comme vulnéraire. Guillaume de Salicet, pour sa part, se sert également de la sève (suc) de la plante :

    "Gentiane est chaude et sèche. Elle guérit les plaies et ulcères corrosifs et principalement son suc" ( Guillaume de Salicet ).

    "Gentiane, racine chaude et seiche au troisième : abstersive" ( Guy de Chauliac).

On notera la curieuse utilisation qu'en fait Guy de Chauliac :

    "Tu dois savoir que les tentes et mèches sont diversifiées selon la fin pour laquelle sont faites (...) aucunes [ = quelques unes ] sont faites pour amplifier l'orifice de la playe : et telles sont faites (...,) de la racine de gentiane" .

[page mise à jour le 24/02/2004]

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