Grenade

Fruit du Grenadier, Punica granatum L. (Granatacées). Ce petit arbre de 2 à 5 m de haut, serait originaire de la Perse antique d'où le nom de genre. Il est abondant dans toute l'Europe méridionale et en Afrique du Nord.

L'emploi de la grenade remonte a l'Antiquité : Celse signale l'utilisation de l'écorce.

De nos jours, on emploie la racine (écorce), les fleurs et le fruit (écorce et pulpe). Les écorces de la racine contiennent de l'oxalate de calcium, du tanin, des principes actifs (anthelminthique) constitués par des alcaloïdes (en particulier la L. pelletièrine).

Les fleurs (ou balauste : on donne parfois le nom de Balaustier au Grenadier) sont astringentes (antidiarrhéiques et antihémorragiques). L'écorce du fruit, riche en tanin, est vermifuge comme la racine ; la pulpe a un usage bien connu pour les sirops.


Les auteurs médiévaux emploient la fleur du Grenadier (Avicenne, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac) comme vulnéraire (répercussif, incarnatif), pour son astringence au niveau des plaies :

    "Malum granatum, Pomum granatum, en arabe, Ruman [sous-entendu, la datte] idem" ( Henri de Mondeville, Synonymes des incarnatifs, 163).

    "Balauste est froide et sèche. Elle (...) consolide les plaies et ulcères" (Guillaume de Salicet)

    "Balaustiae, fleur du Grenadier" ( Henri de Mondeville).

    "Balaustia (Ballauste) est la fleur du grenadier, froide et seiche au second, ou environ, répercussive" ( Guy de Chauliac ).

Le fruit et son écorce (ou psidia) interviennent également dans la pharmacopée, en particulier chez Guy :

     "Grenade, l'aigre est froide et seiche au second : la douce, chaude et humide avec tempérament et régénération"

    "Psidia, escorce du fruict de grenade : froid au second, sec au troisièsme, avec restriction"

Guillaume de Salicet nous semble être le seul à mentionner l'usage des graines comme vulnéraire :

    "Graines du Grenadier (...) et son écorce et les balaustes font adhérer les plaies".

[page mise à jour le 24/02/2004]

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