Hellebore [retour Glossaire]

Le nom dérive du sémitique helibar ou helebar : remède contre la folie ( P.fournier, 1961, Les quatre flores de France, p.337). L'usage moderne (suivant malheureusement en ce sens les Anciens) donne le nom d'Hellébore (ou Ellébore) à des plantes appartenant à des genres et des familles différentes.

Les véritables Hellébores sont des Renonculacées. Le plus connu est l'Hellébore noir [Rose de Noël, Rose d'Hiver dans le langage populaire], Helleborus niger L., plante vivace des montagnes d'Europe, caractérisée par un rhizome noir, d'où le nom de l'espèce. Le rhizome est toxique par les saponosides et hétérosides cardiotoniques qu'il contient. Il n'est plus employé actuellement, sauf en homéopathie et en médecine vétérinaire. Les Anciens (Hippocrate en particulier) l'utilisaient comme purgatif, pour "chasser la bile noire, responsable de la folie".

Pouvant être, dangereusement confondue avec la Gentiane, la Vératre, Veratrum album L. (Liliacées), communément appelée Hellébore blanc [la variété américaine V. viride Alton, constitue l'Hellébore vert] est une plante vivace des montagnes, qui renferme dans son rhizome [noir comme celui du vrai Hellébore, d'où le nom : vere atrum, tout noir, en latin] environ 1 % d'alcaloïdes à propriétés hypotensives.   La Vératre est peu utilisée actuellement, sauf en homéopathie et en médecine vétérinaire (contre la gale).

Au Moyen-Age, l'Hellébore est toujours utilisé contre la folie : cet usage va d'ailleurs perdurer jusqu'au XIX°. La plante entre également dans la composition de l'hière d'hellébore, toni-purgative, d'où son emploi dans le régime des blessés, en particulier par Guy de Chauliacc.

    [page révisée le 23/05/2009]