Huile [retour Glossaire]

Substance organique du groupe des lipides, l'huile est formée de glycérides contenant des acides gras saturés (acides arachidique, palmitique, stéarique, etc...) ou insaturés (acides linoléique, oléique, pétrosélénique, etc. . .) .

L'huile d'olive [fruit de 1 ' Olea europaea L. (Oléacées) , forme cultivée de l'arbre sauvage Olea oleaster Hoffm. et Link, originaire de l'Asie Mineure et répandu dans tout le bassin méditerranéen depuis des temps immémoriaux] a joui, depuis la plus haute Antiquité, d'une réputation qui s'est conservée intacte de nos jours. Elle renferme de l'oléine (triglycéride de l'acide oléique). En dehors de son emploi bien connu comme huile de table, elle possède des vertus officinales : émolliente et laxative , elle active les fonctions hépatiques et intestinales. En usage externe, elle est recommandée comme calmant et cicatrisant des brûlures (liniment oléo-calcaire) .


Le monde médiéval fait également un grand usage de l'huile d'olive, comme vulnéraire :

"Huile d'olive est tempérée : pource il reçoit la vertu de toutes choses au second des Médicamens" ( Guy de Chauliac).

La plupart du temps,on ajoute des pétales de rose, ce qui donne la fameuse huile rosat (elle était déjà utilisée chez les Romains : Celse la cite ) qui est appliquée sur toutes les plaies, ainsi qu'en témoignent, entre autres, Guillaume de Salicet et Henri de Mondeville :

"L'huile [rosat] par son onctuosité, humidité et volume, dilate toute plaie (...), elle pénètre aussi jusqu'au fond de la plaie par la chaleur (...) et par son égalité et tempérance, elle rétablit l'équilibre dans la manière d'être du membre et calme la douleur" ( Guillaume de Salicet, II, XXIII).

"Oleum rosarum est intermédiaire suivant Sérapion [Sérapion 1'Ancien, parfois désigné également sous le nom de Janus Damascenus, chirurgien arabe, originaire de Damas, ayant vécu au IXe et connu pour plusieurs ouvrages : Pratique, Agrégations, Aphorismes] dans les Agrégations, entre l'huile et les Roses, mais il tient plus de l'huile qui entre en substance dans sa composition, tandis que les Rosés y entrent virtuellement et en petite quantité relativement. Les Roses sont froides et sèches au second, l'huile est tempérée, c'est pourquoi l'huile rosat doit être froide et sèche approchant du premier" ( Henri de Mondeville, Synonymes des répercussifs, 76).

Henri de Mondeville ajoute également des violettes :

"Oleum violaceum, dans lequel les violettes naturellement froides et humides au premier degré atténuent la complexion de l'huile. Dans toutes les autres huiles composées, la complexion et la vertu de l'huile simple sont modifiés selon la complexion des médicaments qu'on y mélange" (Henri de Mondeville, Synonymes des maturatifs, 143).

D'autres huiles sont aussi employées, selon les préférences des chirurgiens : huile de laurier pour Roger de Parme ; huile de mastic, de lis , d'iris pour Guillaume de Salicet ; huile de myrte (ou myrtin) pour Avicenne et Guy de Chauliac ; huile de spic , de cost pour Guy de Chauliac , etc...

    [page révisée le 23/05/2009]

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