Incarnatif [retour Glossaire]

La cicatrisation d'une plaie peut être activée par certaines substances vulnéraires que le Moyen-Age qualifie d' incarnatives : incarner, pratiquer l'incarnation consiste donc à mettre sur la plaie un incarnatif :"Le médicament incarnatif, aggrégatif et consolidatif, suivant Avicenne, est celui, qui desseiche et espaissit, l'humidité demeurant entre les deux superficies prochaines de la playe, de sorte que l'humidité soit convertie à collement et gluëment, et que des superficies l'une s'attache à l'autre. Et pour ce tel médicament a besoin de quelque stypticitê" ( Guy de Chauliac ,VII° Traité, Doct. I, Chap. VI).

Tous les chirurgiens médiévaux possèdent dans leur pharmacopée un certain nombre d'ingrédients destinés à la régénération des chairs : Guillaume de Salicet ,par exemple, utilise par moins de 23 substances différentes dans ce but : adragant, aristoloche ronde, balauste, colophonie, écorce de grenade, encens, farine d'orobe, farine d'orge, fénugrec, gomme arabique, iris, marjolaine, mastic, momie, myrtille, myrrhe, noix de cyprès, résine de pin, sarcocolle, souchet, stoechas d'Arabie, térébenthine, vernis.

Les incarnatifs sont généralement répandus sur la plaie, sous forme de poudre mais également en onguent qu'on étale en une couche épaisse, recouverte d'une toile de lin. A titre indicatif voici un exemple de chaque, provenant de la pharmacopée de Guillaume de Salicet  :

    [page révisée le 23/05/2009]