Laine succide [retour Glossaire]

Les Anciens donnaient ce nom à la laine de mouton, non lavée, encore chargée de suint ( matière grasse, formée par les glandes sudoripares et sébacées : elle contient essentiellement du carbonate de potassium et des substances lipidiques telles l'oléine et la stéarine. ) : Celse en signale l'emploi, trempée dans l'eau ou le vinaigre pour cicatriser les plaies.

De nos jours la pharmacopée populaire utilise encore la laine non dégraissée, appliquée sur le thorax, pour faire disparaître "un point de côté".


Les chirurgiens médiévaux tels Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac, emploient la laine succide et le suint comme vulnéraire répercussif et mollificatif :

"Lana succida, en arabe Suf ; Je crois que son action est moyenne ou voisine de ce degré" (Henri de Mondeville, synonymes des répercussifs, 88).

"Laine avec son suyn, est comme tempéré, et remollit" (Guy de Chauliac).

"Isop humide, ou Oesipe [du latin oesypum (Pline, Naturalis historia, L. 29, § 35) et du grec oisupos. Les médiévaux écrivent hyssopus ou isop, mais généralement en précisant humide, pour éviter la confusion possible avec 1'Hyssopus officinalis L., plante de la famille des Labiées] est le suc ou suyn de la laine grasse. Elle est assez tempérée et mollifiante" (Guy de Chauliac).

    [page révisée le 23/05/2009]