Laitue

Lactuca L., du latin, lactuca (herba), herbe donnant du lait (Pline, Historia Naturalis, L. 19, § 125). Nom donné à un genre de Composées Liguliflores comprenant plusieurs espèces, parmi lesquelles L. sativa L. et L. virosa L. La première est bien connue pour son emploi alimentaire, la seconde a des propriétés officinales.

Les Anciens Grecs et Romains connaissaient bien les propriétés légèrement hypnotiques de la Laitue : la légende veut d'ailleurs que Junon ait mis au monde Hébée, après avoir consommé de la Laitue sauvage !

Galien la considérait comme l'Herbe des Sages (ou des Philosophes). Celse l'utilisait également (i1 employait aussi Lactuca marina qui, en fait, n'était pas, une Laitue, mais vraisemblablement une Euphorbe, sans doute Euphorbia insularis Boiss. ).

La tige renferme une sève épaisse, appelée lactucarium (du latin, lactucarius, marchand de lait. ). Cette substance contient des principes actifs : des lactones amers (lactucine et lactucopicrine) comme dans la Chicorée et un alcaloïde, proche de la hyoscyamine trouvée chez la Jusquiame.

Le lactucarium a des propriétés bèchiques,sédatives et hypnotiques. Il est peu utilisé actuellement, sauf en pédiatrie (Allemagne).

Les feuilles cuites entrent dans la pharmacopée populaire pour faire des cataplasmes émollients, permettant de faire mûrir les furoncles et les panaris.


Les chirurgiens médiévaux, en particulier italiens (Roger de Parme, Guillaume de Salicet) utilisent la Laitue à la fois comme aliment des blessés, mais également pour ses vertus anesthésiques.

A  noter que Guillaume de Salicet emploie également l'Albugasse ou Laitue d'âne, qui n'est pas une Laitue mais vraisemblablement le Cardère que les médiévaux appelaient Verge à berger.

Pour terminer rappelons que la Célèbre Ecole de Salerne emploie l'éponge soporifique où, entre autres ingrédients, se trouve le suc de Laitue!

[page mise à jour le 25/02/2004]

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