Lin

Linum [nom latin de la plante ; en grec, 1inon] (Tourn.) L. : nom donné à plusieurs espèces de Linacées dont L. usitatissimum L., plante herbacée, aux fleurs bleues caractéristiques et à la tige pouvant atteindre 80 cm de haut, originaire du Caucase et cultivée dans toute l'Europe. Elle est connue depuis, la Préhistoire : les premiers vêtements tissés des Néolithiques étaient faits avec les fibres de lin.

L'Antiquité utilisait les graines : Hippocrate    s'en servait pour apaiser les douleurs rhumatismales et post-traumatiques ; Diocoride les préconisait comme anti-inflammatoires (à l'égal du Fénugrec) ; Celse mettait des graines, écrasées en une sorte de cataplasme, sur les plaies pour les cicatriser (L.V, chap. II).

La graine de lin renferme du mucilage (galactose, rhamnose, arabinose) , de l'huile (30 à 40 %) contenant des acides gras non saturés (acide linoléique et oléique). Une faible quantité de pré-HCN (acide cyanhydrique) est rencontrée mais à une teneur non dangereuse.

En usage interne, la graine de lin est laxative et émolliente (en particulier du tractus urinaire). En usage externe (décoction, cataplasme, huile), le lin est également émollient mais aussi anti-inflammatoire. Additionné de fleurs de Moutarde, il participe au populaire sinapisme révulsif des encombrements trachéo-bronchiques.


Le Moyen-Age utilise largement les graines de lin : Roger de Parme, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac, en application externe sur les plaies (comme vulnéraire et  résolutif ) et en fomentation des membres blessés, après une réduction.

    "Semen Lini est employé par les chirurgiens à la place du Fénugrec et vice-versa ; il est chaud au premier degré et tient le milieu entre le sec et l'humide" ( Henri de Mondeville, Synonymes des résolutifs, 120).

    "Lin, semence, chaud et sec temperément, meurit et appaise" (Guy de Chauliac).

[page mise à jour le 26/02/2004]

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