Lis

Lilium [nom latin de la plante](Tourn.) L. : nom donné à plusieurs plantes de la famille des Liliacées [le Muguet, Conva11aria maialis L., de la même famille, est parfois appelé "Lis des Vallées"], dont la plus classique est le Lis blanc, L. candidum L. (= L. album L.).

L'Antiquité ne nous paraît pas avoir utilisé le Lis à des fins officinales.

De nos jours seule la pharmacopée populaire l'emploie en usage externe : les pétales macérés dans l'alcool ou dans l'huile (huile de Lis) sont calmants et cicatrisants, des plaies et des brûlures ; le bulbe, très mucilagineux, cuit et écrasé en cataplasme, permet de faire mûrir abcès, furoncles et panaris (G. Debuigne, 1974, p. 155-156)


Le Moyen-Age utilise le Lis ( Avicenne, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac ) comme résolutif maturatif :

    "Lilium, en grec Crinon et Narcissos, en arabe Nirdjis et Asmandjuni, est chaud et sec au second degré. Deux variétés : l'une est cultivée, l'autre sauvage. La première comprend deux espèces, le blanc cultivé [c'est le Lilium candidum L ] et le bleu [erreur de Henri de Mondeville : il n'existe pas de lis bleu. Il corrige d'ailleurs plus loin, en disant "le lis bleu est appelé Iris"] non cultivé. Le Lis blanc a une fleur dont les pétales inférieurement soudés se divisent en haut, et qui présente au milieu un fruit de couleur safranée. Le lis bleu est appelé Iris [remarque ci-dessus], en arabe Asmandjuni, Arc de la déesse Iris [allusion à 1'arc-en-ciel](...). Le Lis sauvage est plus chaud et plus sec que le Lis cultivé ; on en distingue quatre espèces : la première espèce sauvage est le Susan des Arabes, dont les fleurs, au lieu d'avoir des pétales divisés, les ont réunis en forme de cloche, le plus souvent de couleur safranée, quelquefois blanche. Les feuilles et les racines sont semblables à celles de l'Iris, si ce n'est qu'elles sont beaucoup plus petites et que la racine est de la longueur et de la grosseur d'un doigt. Elle croît dans les bois et les lieux ombreux [la description donnée par Henri évoque les Narcisses : le jaune pouvant être Narcissus pseudo-Narcissus L., le blanc N. poeticus L. (famille des Amaryllidacées). Cette hypothèse est d'ailleurs également avancée par Nicaise], la seconde est appelée en arabe casoras [selon Nicaise, encore, ce serait l'Iris foetidissima L., le Xyris puant des Grecs], la troisième Sa'afrani [ = Iris pseudacorus L. ou Lilium croceum Chaix, les deux plantes ayant des fleurs jaunes], la quatrième Xiphion [du grec xiphion, poignard, allusion à la forme allongée et pointue en lame des feuilles. Plusieurs plantes peuvent répondre à cette définition : l'Iris d'Espagne, I. xiphium (L.) Ehrh. ; 1'Iris d'Angleterre et du Portugal, I. xiphoides Ehrh. ; le glaïeul, son nom latin, gladiolus, petit glaive, a la même signification. Selon Nicaise ce serait le G. segetum Ker-G qui serait le Xiphion des Grecs](...)" ( Henri de Mondeville, Synonymes des résolutifs, 118).

    "Lys est une herbe ayant plusieurs espèces, de laquelle la racine est chaude et humide au second : et parce maturative" (Guy de Chauliac).

[page mise à jour le 26/02/2004]

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