Momie

Ce mot désigne classiquement un cadavre humain (ou animal) conservé naturellement ou artificiellement (embaumement) et qui échappe de ce fait aux processus habituels de décomposition. Le terme de momie dérive du latin médiéval, mumia, issu de l'arabe mûmmyya et du persan mûm, désignant la cire. Il est bon de noter que le latin classique ignorait ce mot, Mummia étant un nom propre, sans aucun rapport avec les momies.


Au Moyen-Age, ce terme s'applique aux momies égyptiennes ( humaines ou animales), mais également à la poussière de cadavres humains non momifiés, de même qu'à la substance plus ou moins liquide qui s'écoule au fond du sarcophage contenant un corps embaumé. Cette substance est également appelée pissalphalte (de pisser = couler) et asphalte (du grec asphaltos, bitume). L'asphalte est une matière calcaire imprégnée de bitume (mélange d'hydrocarbures). Les Anciens Egyptiens utilisaient fréquemment l'asphalte pour embaumer les cadavres, le surplus de substance, mélangée de matières organiques, suintant en dessous du corps momifié, constituait alors le pissalphalte.

Tous les chirurgiens médiévaux ( Constantin l’Africain, Roger de Parme, Guillaume de Salicet, Guy de Ghauliac ) emploient la poudre de momie comme vulnéraire [sous forme d'onguent en particulier (Guillaume) ]mais aussi en boisson dans le régime des blessés (Guillaume toujours) :

    "Momie est chaude et sèche. Elle convient aux apostèmes phlegmatiques et est bonne à la fracture et aux douleurs de chute et percussion et à la paralysie, et à la torture, bue et superposée en mode d'onguent " ( Guillaume de Salicet).

    "Mumie, la chair des morts embaumés, chaude au second, et seiche au troisièsme, avec consolidation" ( Guy de Chauliac).

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