Oeuf

L'oeuf d'oiseau (Gallinacées surtout) est utilisé dès l'Antiquité, sur le plan officinal : Celse en signale l'emploi comme cicatrisant (L.V, ch.II).

Au Moyen-Age, tous les chirurgiens restent fidèles aux Anciens, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac , par exemple, emploient essentiellement le blanc d'oeuf qui, mélangé à l' huile rosat et au safran , permet d'imbiber les tampons qui, mis sur une plaie ouverte (dans le cas des fractures du crâne en particulier) vont permettre de produire la sanie [ mot médiéval désignant le  pus : en effet, pendant une bonne partie du Moyen-Age, l'apparition du pus  au niveau de la plaie était fortement recommandée : on parlait d'ailleurs de "suppuration louable". Il faudra du temps pour que les chirurgiens comprennent enfin les dangers d'une telle pratique!] :

    "Oeufs sont égaux en complexion, mais le blanc tend à la froideur et le jaune à la chaleur. Il se met dans les emplâtres des apostèmes , dans les clystères à cause des ulcères et apostèmes intérieurs (...)" ( Guillaume de Salicet).

    "Ova, oeufs, en arabe Beidh ; la vertu des oeufs tient le milieu entre le chaud et le sec, mais elle est un peu humide et selon Sérapion un peu froide" (Henri de Mondeville, Synonymes des maturatifs , 136).

    "Oeufs sont tempérez : toutes fois l'aulbin tire à froideur, et le moyeu [le jaune] à la chaleur, avec sédation" (Guy de Chauliac).

[page mise à jour le 03/03/2004]