Rue

Genre Ruta [nom grec et latin de ces plantes] (Tourn.) L., auquel appartiennent plusieurs espèces de Rutacées, en particulier la Rue fétide, R. graveolens L. [le nom d'espèce signifie "à odeur désagréable"]. Cette plante vivace atteignant 80 m de haut est spontanée en Europe méridionale et dans le nord de l'Afrique.

La Rue était bien connue des Anciens qui l'utilisaient comme abortif.

La plante feuillée renferme des rutosides (hétéroside flavonique), une huile essentielle riche en methylnonylcetone toxique, des coumarines.

La Rue est peu employée actuellement : en usage interne, elle est emménagogue (abortive à forte dose) ; en application externe, c'est un topique populaire : elle entrait dans l'alcoolat vulnéraire (Codex français de 1937). Le vinaigre des quatre voleurs , encore employé de nos jours, contient des feuilles de Rue.


La plupart des chirurgiens médiévaux, Roger de Parme, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac, utilisent la Rue, en usage externe, comme corrosif :

    "Rue est chaude et sèche lorsqu'elle est écrasée, et l'on fait avec elle un emplâtre avec du sel, au membre sur lequel est apostème (...) ( Guillaume de Salicet ).

    "Ruta, en arabe Sadsâh, est de deux sortes, l'une cultivée [Ruta graveolens L.] , l'autre sauvage. La première est commune et bien connue ; la Rue sauvage comprend trois espèces : l'une ne diffère de la cultivée que parce qu'elle croît sans culture dans les champs et les montagnes [ R. montana (Clus.) L. et R. hortensis Miller] (...), l'autre est appelée par Dioscoride, Harmala (...) (et parfois) Peganum [Peganum vient du grec peganon, nom de la Rue. Celle que Dioscoride appelait Harmala (du nom arabe Harmel) est très vraisemblablement Peganum Harmala L., que les botanistes actuels rangent dans une petite famille, proche des Rutacées, celle des Zygophyllacées] ; la troisième espèce est dite Scrofulaire et Quadrangula  et semble être une espèce d'Ortie inerme. La Rue cultivée verte est chaude et sèche au second degré ; lorsqu'elle est sèche ou anciennement cueillie, elle est chaude et sèche au troisième degré. La gomme de Rue sauvage est dite en arabe Thapsia : elle est chaude jusque vers le premier. degré, sèche au troisième degré, adurente mais lentement" ( Henri de Mondeville, Synonymes des corrosifs, 187).

    "Rhuë est connue, chaude et seiche au second degré, avec abstersion"( Guy de Chauliac).

[page mise à jour le 04/03/2004]

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