Térébenthine [retour Glossaire]

Produit provenant de la sécrétion, spontanée ou provoquée, d'arbres de la famille des Conifères et des Térébinthacées. Le nom vient du latin terebinthus et du grec terebintos, nom de l'arbre résineux, le Térébinthe. Les térébenthines sont des mélanges d'huiles essentielles et des résines. La plus classique est la Térébenthine de Bordeaux (ou Térébenthine officinale) , obtenue par incision (gemmage) du Pin maritime, Pinus maritima Lam. (Abiétacées). A côté existent plusieurs types de térébenthines fournies par des arbres de la même famille : la Térébenthine d'Alsace ou des Vosges, produite par le Sapin argenté, Abies pectinata P.C.; la Térébenthine de Briançon [dite également Térébenthine de Venise] provenant du Mélèze, Larix europaea D.C., etc... La Térébenthine qui contient une essence riche en carbures terpéniques, le pinène et des acides résiniques est un excellent antiseptique urinaire et pulmonaire et un révulsif en usage externe.


L'Antiquité gréco-latine utilisait la Térébenthine comme vulnéraire rubéfiant, c'est en particulier le cas de Celse : "Il est aussi quelques emplâtres rongeant (...) tel celui qui est composé de résine de térébenthine (...) "(V, XIX, 18). Le Moyen-Age occidental (français en particulier) ignore la Térébenthine de Bordeaux, le Pin maritime n'ayant été acclimaté, dans les Landes, qu'au XIXe, par Brémontier, pour fixer les dunes. Les térébenthines utilisées proviennent soit du Pin d'Alep, Pinus halepensis Miller [Térébenthines de Grèce, d'Algérie], soit du Pistacia [à ce genre se rattachent le P.lentiscus L., Lentisque dont on utilise le mastic et le P. vera L., dont le fruit est la Pistache] Terebinthus L. (Térébinthacées Anacardiacées) [ Térébenthine de Chio] , soit encore du Térébenthinier de Judée, Balsamea [ce genre est également appelé Balsamodendron L. ou Commiphora Engl. Rappelons que B. (= C.) myrrha fournit le myrrhe et B. (=C.) africanum le bdellium ] opobalsamum L. (Térébinthacées, Burséracées) [cette espèce serait le Balsamion de Dioscoride et des auteurs grecs. ] .

La plupart des chirurgiens médiévaux, Roger de Parme, Gui11aume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac, en application externe sur le membre blessé, ou incorporés à des emplâtres ou des onguents, emploient directement le pin :

"Pin, arbre duquel les grains sont chauds et humides et son escorce froide et seiche, avec très grands adstriction" (Guy de Chauliac).

la Térébenthine pure :

"Terebinthina, gluten, Butin ; c'est la meilleure des gommes après le mastic, elle est le thériaque des nerfs" (Henri de Mondeville, Synonymes des résolutifs , 110).

"Térébinthine, gomme chaude et seiche et mondificative " (Guy de Chauliac)

ou ses dérivés, tels la poix noire ou la colophane :

"Poix est chaude et sèche. Elle adoucit les apostèmes durs et, proprement la poix humide (...) elle produit chair dans les ulcères profonds, et particulièrement avec l'encens et le miel. Et elle mondifie aussi les ulcères humides, et la sèche est d'exsiccation plus énergique l'humide" ( Guillaume de Salicet).

"Pix, en grec et en arabe, Pissa. Il existe trois espèces de Poix : 1° la Navale [Poix liquide ou Poix noire : elle est obtenue par combustion incomplète des résidus de l'exploitation des pins à térébenthines] dont en enduit les vaisseaux ; 2° la Colophane , Poix grecque (...) ; 3° la résine dite en arabe Ratindj et qui varie suivant l'arbre d'où elle est tirée et le pays d'où elle a été apportée. Toutes les Poix sont chaudes et sèches au troisième degré" (Henri de Mondeville, Synonymes des résolutifs, 130).

''Poix, de quelque sorte qu'elle soit, est chaude et seiche, environ le troisièsme degré : avec maturation et abstersion" (Guy de Chauliac).

    [page révisée le 16/06/2009]

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