Vernis

Du latin médiéval veronix, désignant des résines odorantes.

Ce nom est donné actuellement à la fois à des produits extraits d'arbre et à certains arbres eux-mêmes : en particulier, les Vernis du Japon, ensemble des Sumacs, genre Rhus (famille des Anacardiacées), le R. toxicodendron (Tourn.) L. est bien connu pour sa résine extrêmement corrosive.

A noter qu'un arbre de la famille des Simarubacées, l'Ailanthe, Ailanthus glandulosa Desf., est nommé à tort, en France, également Vernis du Japon.

Les vernis sont employés de nos jours dans l'industrie : en particulier le Rhus vernicifera D.C., appelé Vernis vrai, fournit la résine permettant de fabriquer la laque.


Le Vernis est utilisé au Moyen-Age par quelques chirurgiens, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac, en application externe :

    "Vernix, Sanadaros et Sandaraca [du latin sandaraca et du grec sandarakhê, sandaraque, nom donné à la résine extraite par gemmage d'un Thuya d'Afrique du nord, Thuya articulata Desf.] dans les livres traduits du grec, mais, dans les ouvrages traduits de l 'arabe, Sandaraca est une terre minérale, l'Orpiment rouge [les anciens pharmacologistes donnaient également le nom de sandaraque à l'orpiment rouge, c'est-à-dire le réalgar, sulfure naturel d' arsenic ]. Il y a deux espèces de Vernis, le blanc et le rouge. Le premier est une gomme chaude et sèche au second degré, avec laquelle les écrivains saupoudrent le parchemin humide et lâche, parce que par sa chaleur et stypticitê il dessèche et resserre les tissus. Le vernis rouge est ordinairement considéré comme étant le Kahruba, qu'on appelle en français, l'ambre [ambre vient du latin médiéval ambar dérivant lui-même de l'arabe al'ambar, ambre gris. L'ambre auquel fait allusion Henri est le jaune ou succin, résine fossile dure (suintant de l'écorce des pins et engluant souvent les insectes) provenant des rivages de la Mer Baltique]" (Henri de Mondeville, Synonymes des régénératifs , 159).

    "Vernis est gomme ; chaude et seiche au second, incarnative et abstersive" ( Guy de Chauliac).

[page mise à jour le 05/03/2004]

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